Réaction à l'article de Ariane Lacoursière dans La Presse du 7 juin 2010
Plusieurs parents ont été troublés par l’article paru dernièrement dans La Presse (Ariane Lacoursière, 7 juin). http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201006/06/01-4287387-lenseignement-nest-pas-toujours-evalue.php L’association entre le groupe religieux Mission de l’Esprit-Saint et le mouvement d’éducation à domicile en a choqué plus d’un. Bien que la journaliste ait pris soin de citer Christine Brabant disant que l’aspect religieux représente une faible proportion des motivations des parents-éducateurs québécois, l’article dans son ensemble sème la confusion puisque les intervenants des commissions scolaires ne font aucune distinction entre l’ensemble des parents éduquant leurs enfants à domicile et les quelques cas-problèmes reliés aux écoles illégales ou aux mouvements religieux.
D’autre part, les propos de Mme Caroline Lemieux, porte-parole de la Fédération des commissions scolaires du Québec, ont soulevés de nombreuses interrogations chez nos membres. L’AQED tient à affirmer qu’elle ne partage pas la même interprétation de la Loi sur l’instruction publique. Le droit d’éduquer nos enfants relève de la Charte des droits et l’autorité de la commission scolaire ne concerne que l’évaluation de l’expérience éducative. Toutefois, la Cour Suprême précise que ce droit d’éduquer à domicile est assujetti à la responsabilité des parents d’offrir une expérience éducative permettant à l’enfant de réintégrer le système. Toute forme d’évaluation démontrant que l’enfant a reçu une expérience éducative équivalente (portfolio, entrevue, examen standardisée par un tiers ou autre) devrait être acceptée. Les résultats de cette évaluation ne sont pas liés au droit d’éduquer à la maison.
De plus, une commission scolaire ne peut retirer ce qu’elle n’a pas l’autorité de donner, c’est à dire le droit d’éduquer ses enfants hors du système. Son autorité se limite au devoir d’évaluer. Le mandat de la commission scolaire est de s’assurer de l’équivalence de l’expérience éducative offerte par le parent à son enfant. Pour ce faire il existe une variété de moyens d’évaluation qui n’engagent pas directement la présence de l’enfant.
Même les orientations du MELS mentionnent une multiplicité de moyens d’évaluation dont le portfolio et l’entretien et non seulement les examens.
C’est pourquoi la commission scolaire ne doit pas imposer des moyens d’évaluation, mais bien établir un dialogue avec les parents.
En effet, il est important pour les parents déclarés de maintenir un dialogue positif avec leur commission scolaire. Dans bien des cas, les parents ouverts, confiants et connaissant leurs droits reçoivent un traitement respectueux de la part des autorités scolaires. Toutefois, nous devons malheureusement constater la persistance du manque de cohérence dans les réactions et politiques d’une commission scolaire à l’autre, ainsi que plusieurs cas d’intimidation et d’abus de pouvoir de la part de représentants des autorités scolaires.
Plutôt que de faire du sensationnalisme avec une CS qui n’arrive pas à établir une bonne communication avec des parents représentant une minorité dans la minorité, peut-être que les journalistes devraient se mettre en quête des situations de réussite et de dialogue positif entre CS et parents.
Pour nous, à l'AQED, chaque parent devrait pouvoir inscrire son enfant à la commission scolaire avec l'assurance d'être respecté dans ses choix éducatifs. Dans les conditions actuelles, nous ne pouvons que comprendre les parents désireux de protéger leur liberté éducative de rester incognito.
Nous tenons à réitérer notre intention de défendre le droit des enfants à recevoir une éducation adaptée à leurs besoins ainsi que le droit des parents de le faire sans être victime d’intimidation. Nous souhaitons aussi défendre la liberté des parents à offrir à leurs enfants une éducation respectueuse de leurs croyances et valeurs, religieuses ou non.
La liberté de choix en éducation est à la base de la démocratie.
Nous trouvons dommage que la journaliste de La Presse n'ait pas contacté l'AQED pour connaître notre vision. Nous avons l’intention de transmettre ce texte à Ariane Lacoursière tout en l’invitant à publier un article traçant un portrait plus juste de l’éducation à domicile au Québec. Nous vous invitons à ajouter votre poids à notre démarche en écrivant vos commentaires à cette journaliste.
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