Chapitre 3: Changer les rôles

7 novembre 2008

Nous voici donc installés au Sud, dans notre nouvelle vie. Nous avons échangé les rôles: Maman est à la maison avec les enfants et c’est maintenant moi qui travaille, comme enseignant, en 4e année. Les journées sont pleines! Tellement que c’est mon blogue qui a été laissé de côté…  Mais nous sommes toujours là!

Wii ou non?

24 juillet 2008

Pour un après-midi pluvieux après une journée occupée qui s’est terminée vraiment tard, quoi de mieux qu’une p’tite location au club vidéo. On peut même choisir un jeu vidéo, ça dure plus longtemps qu’un film!

Olivier a le projet, avec ses économies, de s’acheter un nouveau jeu pour la console Nintendo. Je lui ai proposé de profiter de l’occasion pour en louer un, question d’essayer avant d’acheter… Il a choisi le célèbre Super Smash Bros. Brawl pour la Wii. Quel phénomène! Si vous ne connaissez pas le genre (comme moi, ce matin), disons que le jeu se résume à éjecter d’un tableau en deux dimensions les héros des jeux Nintendo réunis dans une grande foire de claques sur la gueule et de mauvais tours explosifs.

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Tout la famille a mordu. On joue à 4 à la fois, de courtes manches et on en redemande. La journée y passe, tout le monde est accro et… complètement hystérique. Car le jeu est vicieux. Sans qu’on s’en rende compte, la tension monte. Les joueurs sont debouts, le niveau de décibels monte et ce n’est pas une question de volume de l’appareil: ça parle fort en général, ça crie la plupart du temps.

Le très sérieux site Gamespot accorde 9,5/10 au jeu et le classe premier sur 1072 dans la catégorie Wii. Je trouve ça inquiétant… Après de nombreuses (et furieuses) batailles, on décide d’arrêter pour le souper. Et on annonce aux enfants que malgré le fait que l’on s’est bien amusé, il n’est pas question d’avoir, de façon permanente, ce titre dans notre bibliothèque. Consternation. Eux qui sont habitués à prendre tous les repas en famille “calmement” autour de la table, sans autre distractions que la discussion ne sont ce soir incapables de rester assis. Ça a été un bon exercice que de réaliser l’état dans lequel nous avait mis, collectivement, un simple jeu vidéo. Et simple décrit bien la chose, au fait.

Bon, si vous voulez vous défouler un bon coup, allez-y, louez-le, vous rigolerez, même. Prévoyez au préalable d’ouvrir une fenêtre de la maison pour laisser sortir la pression, de peur que le toit saute…

Taima

14 juillet 2008

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Nous prenons l’avion demain pour le Sud. L’aventure est terminée. Ici, on dit simplement Taima.

Fort, fort sale

8 juillet 2008

La grande vente débarras est commencée. Pour cela, comme en autres choses, les Inuits et les Qallunnaat (Blancs) ont deux façons de fonctionner. Je généralise: Les Inuits viennent en groupe (la mère, les filles et la grand-mère) et regardent tout ce qui est à vendre. Ils ne marchandent pas les prix et paient en coupure de 50$. Les Blancs viennent seuls, pour un seul article et marchandent les cossins qui sont déjà pratiquement donnés. Ils paient en coupure de 20$ sorties du guichet automatique.

Une grande affiche peinte sur un carton annonce que notre véhicule est à vendre, pour cause de déménagement, dans la langue d’usage du Nord: For Sale.

“Fort sale?” me demandent les enfants. “C’est parce qu’on a roulé dans la boue?”.

Guillaume déclare que ce seront des cochons qui achèteront notre 4-roues. Ah oui? Pourtant, je n’ai jamais vu de cochons conduire!

“Mais il n’y a que les cochons qui aiment les choses fort sales, Papa!”

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7 ans, dernier chapitre

5 juillet 2008

Il y a sept ans aujourd’hui, nous déménagions notre famille à Kuujjuaq… pour un an! Depuis, elle a grandi et beaucoup de belles expériences nous on fait connaître le Grand Nord et (un peu) son peuple, les Inuits.

Nous avons décidé que notre temps ici était terminé. Nous sommes à vendre le gros de notre ménage avant de déménager au Sud pour de bon.

Nous profitons de nos derniers jours dans la toundra avec nostalgie, déjà, au point que les inconvénients et irritants de cette vie particulière nous semble tout à coup forts diminués.

Nous prendrons des vacances en famille à la fin juillet, puis nous verrons ensuite comment nous organiserons notre vie dans le monde “ordinaire” des gens qui habitent la vallée du Saint-Laurent!

Adieu, baie d’Ungava.

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Plage réservée

22 juin 2008

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Dimanche matin, c’est mort dans le village. Il fait beau et chaud, pas un chat à la plage. À marée montante, l’eau est assez chaude pour se baigner.

Et nos pirates d’eau douce peuvent patauger dans quelques centimètres d’eau!

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Sortie (au jardin) botanique

21 juin 2008

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Samedi soir, après le souper, le ciel était magnifique, le temps doux. Nous sommes sortis prendre l’air sur le plus haut point autour de Kuujjuaq, la montagne du radar.

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Ah? Tiens? Le tapis à nos pieds est fleuri! La toundra dans tous les espaces libres entre les pierres est en fleur. Le roc est apparent presque partout, le sol est rarissime mais la végétation se dépêche à profiter de l’été. Voici les plants de canneberges qui nous donnent de si bons fruits (airelle vigne d’Ida, en fait) à mettre dans les biscuits:

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La fleur blanche du thé du Labrador (mamaiturutik, littérallement la plante qui pue)

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Et le devoir de la semaine, les enfants: identifiez cette fleur étrange qui pousse en milieu humide:

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Il n’y a pas qu’à nos pieds qu’il faut regarder! D’ici, on voit l’horizon à perte de vue sur 360 degrés, on dirait qu’on est sur le toit du monde…

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… et pour ajouter à l’exotisme (?), l’inukshuk des lieux a été décoré d’une tête (encore fraîche) de caribou.

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p.s. Si vous voulez aussi voir la toundra fleurie avant que la (courte) saison soit finie: De l’aéroport de Montréal, prenez le vol de First Air de 10h00, débarquez à Kuujjuaq (YVP). Traversez le village vers le nord et filez sur le chemin Chicoutai (Arpik road. Mais c’est le nouveau nom. Si vous demandez votre chemin, utilisez le nom commun: dump road). Ensuite, première à gauche vers le gros ballon (le radar). Attention au stationnement!

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Aboriginal Day

20 juin 2008

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En cette journée nationale des Autochtones, vous étiez invité à célébrer dans le terrain vague de notre quartier, Héli-Québec, à Kuujjuaq, sur l’heure du dîner. Magnifique soleil, 16 degrés. Au menu, frozen meat and hot-dog ce qui veut dire que nous avons mangé à la maison (pour euh… avoir notre portion de légumes…) et que nous sommes allés faire un tour après le dessert.

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L’ambiance était à la fête! Les Inuits, surtout les femmes, avaient leurs costumes traditionnels. J’ai craqué pour cette petite qui transportait Po (le célèbre Teletubbies) dans son amauti.

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Le banquet de viande gelée (et crue) commençait à ramollir lorsque nous sommes arrivés. Les mouches ont été plus vite que nous mais il restait de bons popsicles de iqalupik (omble de l’arctique) et de tuktuk (caribou). Les enfants se sont laissés tentés par une saucisse grillée sur le feu au bout d’un bâton.

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C’est toujours déboussolant ce mélange de cultures inuite, européenne et même américaine. La viande se mange parterre, les hots-dogs sur des tables à pique-nique déménagée spécialement pour l’occasion. Tiiturumavi? (Voulez-vous un thé?)

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Sur le chemin du retour, nous sommes allés faire le plein à la station service. Encore la fête! L’essence n’est que 1,366$ le litre! De ces temps-ci, la météo est plus belle qu’au Sud et le “gas” est moins cher. C’est le monde à l’envers, je sais.

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Se remettre à la poubelle

17 juin 2008

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Kuujjuaq, plus chaud qu’à Montréal aujourd’hui,

De retour dans la maison du Nord, on reprend nos habitudes comme si on était parti hier. Certains gestes reviennent tout seul, comme tirer la chasse d’eau des toilettes avec le pied (toilette à pédale économique en eau qui devrait être installée partout, d’ailleurs). D’autres gestes sont un peu étranges, comme de tout mettre à la poubelle, sans recyclage ni compost. Quand j’étais plus jeune c’était la façon de faire partout mais depuis le virage écolo de nos maisons du Sud, c’est culpabilisant de tout jeter en vrac, même les bouteilles consignées!

À ma grande surprise, le village s’est doté de poubelles publiques attachées aux poteaux de “Stop” aux coins des rues. Voilà une bonne utilité trouvées à ces malheureux poteaux si souvent ignorés! Sur les barils jaunes, une affichette nous invite à garder notre ville propre. Wow! Je pense en suivre une personnellement pour voir si on l’utilise, si on la vide à l’occasion… C’est une noble cause (on ne peut jamais être contre la vertu) mais je me demande s’il n’y a pas plus urgent, ici (avez-vous lu la série d’articles sur la dégradation du niveau de vie des habitants du Nunavik dans La Presse la semaine dernière?).

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À ma très grande surprise, le magasin général a caché ses paquets de cigarettes dans des armoires noires derrière les caisses. J’avais parié ma prochaine paie que le règlement ne serait jamais appliqué au Nord. Une chance que je ne gagne pas grand chose…

Pis, la première nuit?

L’enfer. Louis s’est endormi en hurlant. Je me suis couché un peu avant la fin du Téléjournal, il faisait encore clair. Lorsque Louis a repris ses cris après une brève pause (vers 2h00), il faisait déjà re-clair. Nous avons bouché la fenêtre de notre chambre avec du papier d’aluminium et nous y avons “enfermé” le monstre dans la bassinette (il ne voulait rien savoir de son lit dans la chambre des enfants). Avec la chaleur qu’il faisait, j’avais l’impression de dormir dans une papillotte sur le barbecue…

La semaine prochaine, les journées devraient commencer à raccourcir.

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Été arctique

16 juin 2008

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Nous sommes débarqués ce midi à Kuujjuaq, en plein été. En plus d’une météo magnifique, il n’y a pas de mouche. Une fois les denrées périssables au frais, nous avons filé à la plage!

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Plus de 23 degrés sur le sable chaud, à lire, à jouer dans l’eau. Un vent chaud du Nord (?) nous caressait le visage. “C’est comme Cuba”, que  je lance à Olivier. Je pensais qu’il me parlerait de l’absence flagrante de cocotiers. Il m’a plutôt répliqué qu’il ne manquait que le bar pour s’approvisionner en hot-dogs et pina colada…

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Il est maintenant 21h00 et les enfants sont couchés. Pour leur faire croire que c’est l’heure du dodo, nous avons calfeutré la fenêtre de leur chambre avec du carton fort.  J’espère que l’illusion nocturne sera bonne… jusqu’à assez tard demain matin! Dans le village, c’est comme s’il était midi, avec “les ti-culs en bicycle, les cousines en visite, c’est noir de monde comme en Afrique…”

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Classe-verte

13 juin 2008

C’est en fin de semaine que se déroule une autre des activités maintenant traditionnelle de notre groupe de soutien: la classe-verte.  Deux dodos dans un camp pour nos grands (les plus de 5 ans) et vie de camp de vacances avec moniteurs au bord d’un lac. C’était attendu, pour dire le moins…

Nouvelles digitales

Le doigt de Liliane étant assez guéri pour retourner au travail, nous prenons l’avion lundi matin pour Kuujjuaq. Oui, le lendemain du camp. De plus, “ils” annoncent 22 degrés pour Kuujjuaq cette semaine! Je vous en reparle (j’ai hâte de voir combien de temps durera l’été là-bas, cette année).

Le soleil se couchera à pas d’heure et nos deux petits, s’ils font comme leurs aînés il y a quelques années, s’éveilleront tôt, tôt, tôt….

Finir l’année?

31 mai 2008

Je me pose la question à chaque année. Au début c’était “quand est-ce que ça fini?”. Maintenant c’est plutôt “comment ça fini?” Vous faites comment, vous, pour dire là c’est assez, c’est l’été, on arrête l’école pour les vacances? Il suffit d’arrêter officiellement et d’aller jouer dans le bois pour que Marie rencontre une marmotte et demande “Qu’est-ce que ça mange, une marmotte?”. Pensez-bien qu’un aller simple dans le livre des mammifères de l’est de l’Amérique du Nord ne suffit plus. On peut rouler deux-trois jours sur le thème du siffleux… Ne croyez pas que je vire unschooler avec le temps. Je suis trop paresseux pour ça: le unschooling est une discipline de vie qui demande d’être attentif à la moindre étincelle. J’aime mieux un semblant d’organisation-improvisée… Bref, si j’en ai les allures à la semaine longue, je n’en ai guère le fond!

Cette année, le calendrier des voyages Sud-Kuujjuaq dictera le calendrier scolaire. Nous serons au Nord de la mi-juin à la mi-juillet, en pleine saison de la mouche noire (Mouches de l’Ungava: voir les Chroniques du Nord, entre 2001 et 2004, n’importe quels mois entre mai et septembre!). Nous passerons beaucoup de temps à l’abri, les jours sans-vent-plein-de-mouches et nous aurons tout le loisir de donner un dernier grand coup dans l’école avant les vacances.

En passant, un message pour les Kuujjuamiut: Ne cherchez pas Liliane dans le village ce lundi, elle reste avec nous au Sud en congé de “maladie”, puisqu’elle a malheureusement laissé un bout d’index dans la salade de chou à la suite d’un déterminé coup de couteau de chef. Ce n’est pas la façon la moins douloureuse de prendre congé; n’essayez pas ça à la maison. En plus, c’est salissant dans la cuisine…

On n’était pas sorti du bois

28 mai 2008

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Je pense qu’on peut parler d’hécatombe. La nuit dernière, la température froide (autour de zéro) a eu raison des milliers de mouches noires qui peuplaient la forêt. Ce matin, temps frais mais pas une mouche pour ruiner l’atelier d’écriture dans le bois.

En guise d’introduction: les mots qui nous viennent en tête quand on dit arbre. Puis, présentation des essences de l’érablière: érable à sucre, hêtre à grande feuille et ostryer de Virginie.

Chacun a choisi son arbre et en a pris une empreinte en frottant une craie de cire sur une grande feuille entourant le tronc.  Sur cette feuille, autour de l’image en couleur de l’écorce, chacun a inscrit en quoi cet arbre pourrait être une maison merveilleuse si nous l’habitions. Description de l’environnement, de ce qu’offre la maison, des ses petits plus qui en font un endroit unique dans cette forêt. Il fallait assi décrire notre arbre car il n’y a pas d’adresse sur les troncs!

J’ai choisi une page dans le journal local dans laquelle on annonce des maisons à vendre. Sur le modèle de ces publicités d’agents d’immeubles, chacun a composé son message pour “vendre” sa maison-arbre, en prenant soin, bien sûr, de coller un extrait du frottis de l’écorce dans le cahier, en guise de photo. Dans certains cas, on demandait des sommes astronomiques pour ces palaces de bois: jusqu’à 1000 framboises!

Jour de pluie

26 mai 2008

Suppléant vs ordinateur

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Atelier d’écriture sous la pluie 

Le deuxième atelier d’écriture (rappel: 5-6 garçons de 8-10 ans) devait se dérouler en forêt (derrière la maison) mais il pleuvait à boire debout. Idées d’écriture pour un jour de pluie:

Exploration du champ lexical pluie et des synonymes de pluie. Chacun a écrit ses trouvailles sur un petit morceau de papier et j’ai déposé chaque billet sur les pales du ventilateur du plafond. Quand on en a eu assez pour que ce soit vraiment drôle, j’ai actionné le ventilateur et il s’est mis à pleuvoir… des mots de pluie dans la pièce! Les papiers attrapés constituaient les contraintes d’écriture de notre comptine de la pluie, un peu sur le modèle de celles que j’avais lues en début de séance. Ensuite, re-petit-papier, cette fois en cherchant les antonymes de pluie ou les mots pour se protéger de la pluie. Les papiers déposés dans un parapluie ouvert étaient ensuite renversés sur les participants qui nous ont raconté comment ils s’habillaient pour affronter le temps gris. En finale, on tirait au sort le droit d’ajouter un adjectif sur la phrase d’un autre “joueur”. C’est toujours rigolo de se faire mettre un “troué” à la fin de son “Je prends mon parapluie”… La prochaine fois, nous irons dans les bois.

Première sortie

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Enfin! Nous sommes enfin sortis en famille à vélo. Un petit bout de rien sur le Petit train du Nord, juste assez pour avoir du plaisir et prendre la collation à une distance sérieuse (calculée en coup de petites pédales). Papa et Maman tiraient la “girafe” ou la remorque. Heureusement, le parc linéaire est l’endroit le plus plat des Laurentides! Le mieux, à la fin de cette première, c’est que les enfants en redemandaient. C’est dans la poche!

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Atelier d’écriture (idées)

25 mai 2008

J’ai commencé les ateliers d’écriture avec les 8-11 ans de notre groupe de soutien avant de lire sur le sujet (parce qu’il y a sûrement des livres et des sites internet qui doivent donner des tas d’idées…) Voici donc notre mode de fonctionnement (un véritable work in progress)… pour le moment.

Les enfants écrivent peu. Nous sommes vraiment à l’étape d’aborder l’écriture comme un jeu avec les mots. En privé avec mes enfants je fais (beaucoup) d’orthographe, de conjugaison et de grammaire mais ce n’est pas le but des ateliers. Ici, on s’amuse! Ateliers ludiques avec le matériel que j’ai sous la main à la maison:

Nous écrivons dans un livre blanc (une grande feuille pliée en deux) avec des blocs, des images et beaucoup de bâtons de popsicle (je veux dire des bâtons à café). Nous plaçons les mots devant nous dans l’ordre, pour former des phrases. Pour nous, les centicubes sont des pronoms, les blocs Duplo sont des verbes (bleus au présent, rouge au passé), les reglettes Cuisenaire rouge (2 cm) sont des adjectifs, les cartons-images du jeu Cherche et Trouve (ou de Raconte-moi une histoire) sont des noms et tous les autres mots sont matérialisés par des bâtons à café. Au moment de relire nos paragraphes (composés collectivement), les enfants se souviennent mieux que moi du sens de chaque bloc ou bâton! Nous jouons parfois du dé pour gagner le droit d’ajouter un adjectif dans la phrase d’un autre “joueur”. Là, ça devient souvent rigolo! Lors du premier atelier, par exemple, le thème était “Le dragon mange”. J’avais sortis des petites figurines de dragon pour chacun (du jeu de société Dragonologie). L’attention de mes gars était prise au piège (gna, gna, gna!). Nous avons cherché des synonymes de “manger” et ensuite chacun a composé une phrase, devant lui, avec sa figurine qui “mangeait” l’objet dessiné sur le carton qu’il avait pigé. Après avoir ajouté quelques adjectifs sur les phrases des autres, on a essayé, avec un certain succès, de relier toutes ces phrases dans la même histoire. Comme on ne pouvait utiliser un verbe choisi par un autre participant, les phrases n’étaient pas redondantes.

Chaque enfant a aussi un cahier que je ne corrige jamais dans lequel ils explorent ou, comme dans le cas des dragons, collectionnent un florilège de leurs phrases préférées.

Les ateliers durent une heure, le mercredi matin. Ma plus grande surprise: Que l’heure passe aussi vite, assis, avec des enfants qui sont habitués de bouger toute la journée!