Urgent : Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge vient de déposer un projet de règlement visant à changer l’encadrement de l’éducation à domicile au Québec !

Vendredi, 5 avril, 2019

Urgent : Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge vient de déposer un projet de règlement visant à changer l’encadrement de l’éducation à domicile au Québec !!!

Si le projet de règlement proposé par le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge est adopté :

Les examens ministériels seraient obligatoires ;

Le programme devrait être enseigné tel quel pour le français, l'anglais, les mathématiques, la science et la technologie, et l’univers social ;

- Le contenu devrait être enseigné de façon à permettre une progression des apprentissages équivalente à celle applicable à l’école ;

- L'enfant devrait participer aux rencontres avec les chargés de suivis.

- Ce règlement entrerait en vigueur le 1er juillet 2019.

Nous avons jusqu’au 10 mai pour nous faire entendre à ce sujet.

C’est le temps d’agir !

La stratégie de l’AQED en quelques lignes

L’AQED travaille fort pour changer l’opinion des législateurs en rencontrant le ministre, les députés et plusieurs autres acteurs. L’AQED soumettra également un mémoire. Nous étudions aussi d’autres recours si le règlement est adopté en demeurant aussi restrictif.

Vous pouvez aider !

1. Commentez le projet de règlement en écrivant à madame Stéphanie Vachon, Secrétaire générale: stephanie.vachon [at] education.gouv.qc.ca.
2. Envoyez un courriel à votre député, appelez-le, rencontrez-le ! On veut qu’ils nous connaissent !
3. Affichez-vous en contactant vos médias locaux ainsi qu’en organisant et participant à des activités de manifestation.
4. Investiguez. Contactez votre commission scolaire pour mieux comprendre les ressources disponibles pour respecter cette version possible du règlement.
5. Continuez de vous tenir informés et faites-nous part de votre perspective pour qu’on puisse bien vous représenter.

Pour plus de détails

Ce que fait l'AQED présentement:

Notre stratégie principale comporte 6 éléments pour travailler avec les législateurs afin d’adapter ce projet de règlement à notre réalité.

I. Nous avons eu une conversation avec Jean-François Roberge pour lui expliquer en quoi certains éléments du projet de règlement pourraient avoir un impact néfaste sur des familles qui assurent “bien” l’éducation de leurs enfants.

A. La discussion de 30 minutes avec le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a été très cordiale et constructive. Il semblait ouvert et posait des questions pour mieux comprendre.

B. Nous avons discuté en quoi suivre la progression des apprentissages et faire les examens était un problème pour les familles.

C. Il croyait que la flexibilité de suivre le programme par cycle et non par année scolaire était suffisante pour permettre aux familles d’utiliser des méthodes alternatives d’enseignement. Il était aussi inquiet pour les enfants qui auraient besoin de retourner à l’école d’urgence en cas de divorce ou autre.

D. Suite à plusieurs questions et exemples, il a commencé à comprendre pourquoi c’était un enjeu même pour les familles qui réussissent avec brio, et pourquoi les examens du ministère pouvaient s'avérer problématiques même s’il n'y a que cinq années où ils sont requis dans le parcours éducatif des enfants.

E. Il a aussi compris que les familles qui retournent leurs enfants à l’école les soutiennent dans cette transition, que ce genre de changement se prépare généralement d’avance et que, même en cas extrême, ces enfants sont généralement mieux outillés pour r210éintégrer l’école que des enfants immigrants qui viennent de pays avec des niveaux de littératie moindres.

F. Nous avons aussi discuté de la problématique historique vécue avec certaines commissions scolaires et l’importance dans ce contexte de clarifier le but des rencontres avec les enfants pour éviter que ces rencontres deviennent des moments d’évaluation et pour éviter que la progression de l’enfant soit discutée devant l’enfant, dans des cas où cette discussion pourrait miner l’estime de soi de l’enfant.

G. M. Roberge a conclu en disant que c’était pour ce genre de rétroaction qu’avait lieu cette période de consultations et qu’il allait prendre en considération ce que nous lui avons dit.

II. Nous organisons des rencontres avec les députés qui siègent sur la Commission de la culture et de l’éducation.

III. Nous faisons de nombreuses sorties médiatiques pour sensibiliser la population afin de diminuer la pression publique exercée sur les députés pour resserrer les règles.

IV. Nous discutons avec nos avocats et juristes pour développer nos arguments.

V. Nous discutons avec les autres associations pour développer une stratégie commune.

VI. Nous amorçons le travail sur un mémoire en réponse à ce projet de règlement.

L’AQED étudie aussi les options suivantes si, malgré nos efforts de communications, le règlement continue à affecter significativement la capacité des parents de répondre aux besoins de leurs enfants :

Entamer une procédure légale : notre comité légal est en train d’étudier le dossier. Il faut attendre que le règlement ait été adopté pour faire une contestation légale. Il faut aussi une famille qui aurait été affectée négativement par ce règlement pour le contester.

 

Nous continuons à explorer nos autres recours. Expliquer certaines de nos stratégies publiquement diminuerait leur efficacité.

Comment contribuer, en 5 étapes:

1. Commentez le projet de règlement en écrivant à madame Stéphanie Vachon, Secrétaire générale: stephanie.vachon [at] education.gouv.qc.ca. Voici quelques pistes:

-Expliquez à quel point ce règlement vous rendrait plus difficile la tâche de bien éduquer vos enfants.

- Soyez spécifique. Avez-vous un enfant ayant des défis particuliers ? Faites-vous l’apprentissage multi-âges ? Votre enfant souffre t-il d’anxiété ? Manquez-vous de ressources disponibles dans les écoles pour suivre la progression des apprentissages ou pour faire les examens ?

2. Envoyez un courriel à votre député, appelez-le, rencontrez-le ! On veut qu’ils nous connaissent ! Demandez à vos proches de le faire également.

Pour trouver votre député, rendez-vous sur le site de l’assemblée nationale. Dans la colonne de gauche, dans la boîte mots-clés, il suffit d’entrer votre code postal.

Ce que vous pouvez dire (un résumé de nos arguments) :

- Comme la très grande majorité des familles éducatrices, je m'oppose fortement au projet de règlement qui viendrait modifier le règlement sur l'enseignement à la maison ;

- À la suite de la mise en oeuvre de la loi et du règlement sur l’éducation à domicile en 2018, les familles-éducatrices ont fait leur part et ont travaillé fort pour respecter le règlement actuel et pour bâtir une relation de confiance avec la Direction de l’enseignement à la maison. Pourquoi le gouvernement ignore-t-il maintenant les recommandations de souplesse de la protectrice du citoyen ? Pourquoi n’a-t-il pas attendu les résultats de cette année de transition ni consulté les représentants des familles avant de tenter d’imposer une marche à suivre encore plus restrictive ? La pertinence de faire un nouveau règlement et de désorganiser la vie de milliers de familles une deuxième année de suite avant même d’avoir des résultats de cette première tentative devrait être réévaluée.

- Le projet de règlement tente d’imposer le programme de formation de l’école québécoise. Il existe plusieurs voies permettant d'obtenir une éducation de qualité et il n'y a pas de consensus d'experts sur ce qu'est le meilleur des programmes. Pourquoi imposer une vision unique de l’éducation et restreindre la possibilité des parents de choisir un programme personnalisé pour répondre aux forces et aux faiblesses de leurs enfants ? Le règlement pourrait exiger l’apprentissage des compétences du programme, tout en laissant la liberté aux parents de choisir le contenu qui est le plus adapté aux besoins de leurs enfants.

- Le projet de règlement tente d'imposer les examens. Mais les experts, les chercheurs, plusieurs écoles alternatives et la grande majorité des parents qui font l'éducation à domicile considèrent que les portfolios sont plus efficaces pour évaluer la vraie progression d’un enfant. Pourquoi ne pas permettre aux parents de suivre les meilleures pratiques proposées par le conseil supérieur de l’éducation ? Si le ministère veut un aperçu plus ciblé des résultats d’évaluations, il pourrait restreindre le choix à deux moyens, soit l’analyse du portfolio par la Direction de l’enseignement à la maison ou l’examen ministériel.

- Si ce règlement est adopté tel quel, il aura un impact négatif sur pratiquement toutes les familles-éducatrices. Selon un sondage effectué auprès des membres de l'AQED, 99 % des familles seraient affectées par une obligation de suivre la progression des apprentissages comme à l'école. Presque toutes les familles pensent que les examens ministériels devraient être un choix individuel pour chaque enfant et que de devoir passer une bonne partie de l'année à se préparer pour des examens qui n’ont pas de sens pour eux serait nuisible pour leurs enfants.

Il est important de personnaliser ce message et d’expliquer comment suivre la progression des apprentissages (même par cycle plutôt que par année) et faire subir des examens à vos enfants seraient un frein pour leurs apprentissages alternatifs. Soyez spécifique! Pensez-vous que votre enfant sera démotivé ou plus anxieux ? Est-ce que le temps de préparation nécessaire diminuerait le temps que vous pouvez consacrer aux apprentissages de vos enfants ?

Si vous n’avez pas le temps de faire une lettre complètement personnalisée, en voici une que vous pouvez utiliser comme base.

Si votre député répond à votre lettre et se montre ouvert, continuez le dialogue.


3. Affichez-vous

- Contactez vos médias locaux pour leur parler du règlement et de votre réalité.

- Organisez des activités de manifestation et participez aux activités proposées entre autres par le REDAQ

- Manifestation à Chambly le 15 avril de 13h à 15h

- Manifestation à Montréal le 27 avril, suivez la page du RÉDAQ pour les détails

- Diffusez cette vidéo ou faites-en une vous-même

4. Contactez votre commission scolaire pour mieux comprendre l’impact de ce projet de règlement 

- Demandez quels sont les outils utilisés dans les écoles pour aider les enfants à se pratiquer pour les examens ainsi que les modalités des services de soutien disponibles pour les familles-éducatrices (ressources, corrigés, matériel de pratique offert aux enfants dans les classes, etc.). Par exemple, à quelle fréquence les familles pourront consulter les corrigés ?

- Demandez quel serait le soutien disponible pour réintégrer les enfants à l'école car, si les enfants doivent faire les examens, votre vision de l'éducation à domicile pourrait ne plus être possible.

Le but n’est pas de se préparer nécessairement à mettre en oeuvre le règlement, mais de voir à quel point le règlement sera facile ou non à appliquer dans un contexte de manque de ressource. Ce genre d'information va vous permettre de mieux comprendre l'impact du règlement sur votre famille et vous permettra de mieux communiquer les enjeux au ministre. Ces questions permettront aussi aux commissions scolaires de mieux comprendre le fardeau que représente pour elles l'obligation de soutenir toutes les familles qui ne sont pas prêtes aux examens.

5. Continuez de vous tenir informés et faites-nous part de votre perspective pour qu’on puisse bien vous représenter :

- Abonnez-vous à la page Facebook de l'AQED.

- Devenez membre de l’AQED et incitez vos amis à le devenir. Non seulement nous envoyons de l’information plus détaillée à nos membres, mais votre adhésion en grand nombre donne plus de poids moral à nos actions auprès du ministre.

- Venez au Congrès de l'éducation à domicile à Québec le 5 mai et participez aux sessions d’informations qui y auront lieu. Nous y serons pour répondre à vos questions et pour écouter vos opinions.