FAQ

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) est une organisation citoyenne et bénévole dont la mission est d’informer, de représenter et de soutenir les parents qui font l’éducation à domicile avec leurs enfants. Fondée en 1997 par des familles-éducatrices qui souhaitaient mieux se soutenir dans leur projet éducatif, l’association regroupe 600 familles qui éduquent plus de 2 000 enfants au Québec. L'association  offre des services réservés à ses membres ainsi que des services à la communauté d'éducation à domicile au Québec.

Également nommée école à la maison, apprentissage en famille ou instruction en famille, l’éducation à domicile est une forme d’éducation qu’on pourrait qualifier d’alternative. Elle est généralement dispensée par les parents ou la famille élargie, ceux-ci ayant fait le choix de ne pas déléguer l’éducation de leurs enfants à l’État et au système scolaire. Il existe de nombreuses pédagogies et approches d’éducation à domicile. Certains parents adhèrent aux pédagogies Montessori, Charlotte Mason ou Waldorf. D’autres travaillent par projets, par thèmes ou encore de façon plus  structurée, inspirés directement des méthodes scolaires. D’autres, encore, se situent dans une philosophie éducative dite libre, intégrée à la vie quotidienne et partant des intérêts spontanés de l’enfant. On l'appelle apprentissages naturels, apprentissage autonome ou unschooling. De nombreuses familles explorent, alternent, mélangent et utilisent plus d’une de ces méthodes.  La grande majorité des parents-éducateurs s’entendent sur l’importance de respecter le rythme et les intérêts de l’enfant.

Malgré certains cas qui ont fait beaucoup de bruit dans les médias, les raisons religieuses sont parmi les moins importantes pour les familles québécoises. (Brabant, 2004). D’après une étude de Christine Brabant (2004)[1], les motivations pour faire l’éducation à domicile sont variées et chaque famille a habituellement plusieurs raisons de le faire. Au Québec, ce mouvement est surtout basé sur une nouvelle vision de la vie familiale, sur un regard critique de l’éducation en milieu scolaire, sur le souci de répondre aux besoins spécifiques de l’enfant, de même que sur le caractère novateur des pratiques éducatives alternatives remettant en question les modes traditionnels d’apprentissage.

Pour l’année 2015-2016, le ministre de l’éducation en recensait 1 928. Par contre, nombre d’entre eux ne sont pas officiellement enregistrés, étant donné la mauvaise réputation qu'ont les commissions scolaires en ce domaine. Nous n’avons donc pas de chiffres officiels fiables. Cependant, partout en Amérique du Nord, on évalue qu’environ 1 à 4 %  de la population d’enfants est éduqués à domicile. L’AQED estime ainsi qu’il y a de 5 000 à 10 000 enfants qui font l’éducation à domicile au Québec.

Il est possible de retirer votre enfant de l’école à n’importe quel moment de l’année.

Les parents sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. Le parent a le droit de ne pas déléguer cette responsabilité au gouvernement. L'éducation à domicile est donc un droit. Il suffit de suivre la loi et le règlement sur l'éducation à domicile.

Les parents sont libres d’instruire leur enfant dans la langue de leur choix. L’enseignement reçu en anglais à la maison ne peut rendre votre enfant admissible à recevoir l’enseignement en anglais dans une école traditionnelle étant donné que, selon la Charte de la langue française, les enfants doivent fréquenter l’école francophone jusqu’au terme de leurs études secondaires.

La loi prévoit plusieurs modes d'évaluations, au choix du parent. Les examens de la commission scolaires ou ceux du ministère font parti des choix.

Les occasions d’apprentissage se présentent à toute heure du jour. Il est donc difficile de donner une réponse précise. Certaines familles ont des horaires très encadrés, d’autres très libres et plusieurs familles se situent quelque part entre les deux. À titre indicatif, les familles suivant des méthodes dites traditionnelles y consacrent de une à quatre heures par jour, en fonction de l'âge de l'enfant.

Le coût de l’éducation à domicile dépend de votre approche éducative. L’échange de matériel scolaire ou de services entre familles, l’utilisation de carte de rabais de votre ville, les ressources gratuites sur Internet ou la fréquentation des bibliothèques publiques sont quelques moyens de réduire les coûts de l’éducation à domicile. Les manuels de l’enseignant étant, en général, assez dispendieux, certains parents ne se procurent que les cahiers d’activités.

Plusieurs coûts sont moindres comparés à l’école traditionnelle. Il y a généralement moins de frais de garde, de dépenses pour les lunchs, pour l’uniforme, pour la liste d’achat de fourniture scolaire, etc. Par contre, plusieurs familles vont dépenser plus en frais de sorties, d’abonnements, de matériel et d’autres activités.

Certaines approches éducatives et activités permettent la participation multi-âges. L’enseignement par thème, par projet et les apprentissages naturels permettent plus particulièrement la participation d’enfants d’âges différents à des activités communes. Certaines sorties, jeux et autres activités peuvent être adaptés pour que chaque enfant y trouve son compte.

Lorsque l’on veut travailler de façon individuelle avec l’un des enfants, il est possible de trouver une série d’activités que les frères et sœurs peuvent réaliser de façon autonome. Pour les tout-petits, les casse-têtes, la pâte à modeler, le coloriage ou les cahiers d’activités sont appréciés puisqu’ils leur permettent d’être assis avec les grands. Vous remarquerez que les plus jeunes s’intéressent aux leçons des plus vieux et que leur participation est souvent enrichissante.  Un enfant, parfois plus vieux mais pas toujours, approfondira parfois une matière en l’expliquant à ses frères et sœurs ou à des amis. 

Il faut se rappeler que l’éducation en petit groupe à la maison permet d’enseigner une matière de façon beaucoup plus rapidement qu’à l’école. Le temps à consacrer par enfant sera automatiquement moindre.

Non. La progression des apprentissages du programme de formation de l'école québécoise a été conçue pour enseigner à des classes comptant de nombreux enfants. Il y a plusieurs autres approches pédagogiques qui peuvent mieux correspondre aux besoins d'apprentissages d'un enfant ou d'un petit groupe. Une faible minorité de familles qui font l'éducation à domicile au Québec suivent ce programme à la lettre. Du programme québécois aux apprentissages naturels (unschooling), en passant par l’enseignement Freinet ou encore une approche éclectique, il y a des dizaines de façons d’aider un ou des petits groupes d’enfants à apprendre.

Vous pouvez acheter des manuels et du matériel directement des éditeurs spécialisés en éducation. Devenez membre de l'AQED pour une liste d'éditeurs spécialisés.

Beaucoup de parents utilisent aussi les ressources suivantes :

  • Didacthèques des universités
  • Bibliothèques municipales
  • Contenu téléchargeable, cours et jeux sur Internet
  • Échange ou vente de matériel entre parents-éducateurs (sur groupes Facebook, avec ceux qu’on rencontre dans des groupes de soutien, etc.)
  • Matériel fourni par des tuteurs qu’on embauche
  • Activités parascolaires
  • Activités de centres communautaires pour enfants faisant l’éducation à domicile
  • Matériel éducatif déjà à la maison (mots croisés, jeux de société comme Monopoly, Scrabble ou jeux de cartes, livres, recettes, jeux sur l’ordinateur, etc.) 

 

Les commissions scolaires doivent aussi donner accès au manuels (selon leurs modalités) et à d'autre matériel didactique (selon leurs modalités et la disponibilité).

Certains parents choisissent de suivre les intérêts de leurs enfants et de construire leur accompagnement à partir de ces intérêts. Les manuels de l’élève contiennent un bon aperçu de la matière vue dans le système scolaire. Certains parents se procurent du matériel didactique et pédagogique directement auprès des maisons d’éditions (à leurs frais), se le vendent sur un des nombreux groupes d’achats de matériel de seconde main ou encore l’obtiennent par les bibliothèques municipales. Beaucoup de matériel est disponible dans les bibliothèques des universités présentant des programmes d’éducation. Les parents utilisent plusieurs ressources sur Internet, que ce soit pour du matériel ou des cours en ligne. Plusieurs s’abonnent aux services destinés aux enseignants. Certains parents utilisent des services de tutorat. Ils utilisent les ressources culturelles de leur ville, les bibliothèques, les musées, les programmes offerts par la ville ou d’autres institutions privées, les cours du soir ou de fin de semaine, des activités pédagogiques offertes par les groupes de soutien, d’autres parents-éducateurs ayant les compétences recherchées ou des mentors, les parcs, les visites d’entreprise et d’usine, etc.

Non, pas du tout. Chaque parent apprend plein de choses essentielles à son enfant, depuis sa naissance. Il poursuit simplement ce qu’il fait depuis le début. Avec Internet, le développement des bibliothèques locales et les groupes de soutien, le parent dispose d’abondantes ressources. Et lorsque le parent ne connaît pas une réponse, il utilise de nombreux outils et méthodes de recherche pour trouver l’information, précisément ce que l’on souhaite que l’enfant apprenne par l’exemple.

L’éducation à domicile se termine généralement par un retour à l’école, la transition vers les études postsecondaires ou l’intégration au marché du travail. Encore une fois, chaque famille décide du parcours le mieux adapté aux désirs professionnels de l’enfant.

Quelques institutions d’enseignement démontrent d’ailleurs une plus grande ouverture et reconnaissent d’emblée la valeur d’un tel mode d’apprentissage.

Certains jeunes, ayant développé une connaissance approfondie dans un domaine qui les passionne, se trouvent directement un emploi. On peut prendre en exemple les domaines de l’informatique, de la robotique et des arts.

Voici des façons de combler un manque de connaissance d’un parent :

  • Apprendre la matière avec l’enfant (ceci lui permet aussi d’apprendre des techniques d’études et démontre l’exemple de l’apprentissage tout au long de la vie);
  • Former un groupe avec d'autres enfants pour étudier un sujet particulier;
  • Cours en ligne ou tutoriels sur You Tube;
  • Logiciels éducatifs;
  • Un tuteur;
  • Échanger des services d'enseignement avec d’autres familles;
  • Beaucoup de gens autour de vous, famille ou amis, seraient heureux de partager leurs connaissances avec votre enfant.

En l’observant ! Les enfants apprennent toujours; ils ne peuvent s'en empêcher! En passant du temps avec eux, vous observerez des changements dans leur capacité de compréhension. Selon leur niveau et votre philosophie pédagogique, vous pourrez adapter votre approche en proposant des nouvelles stratégies d’apprentissage, de la révision ou des évaluations.

Bien que l’aspect financier de l’éducation à la maison soit une réelle difficulté pour bien des familles – et encore plus celle ne comptant qu’un seul parent - il est possible d’y arriver. Certains parents pratiquent leur métier de la maison, d’autres travaillent de soir et vivent l’instruction avec leurs enfants dans la journée. Certains travaillent à temps partiel et comptent sur l’aide de leur réseau pour veiller sur leurs enfants en leur absence ou encore ont leur propre entreprise et apportent leurs enfants au travail. Certains parents, finalement, vivent des allocations familiales du gouvernement.

Non. Il n'y a pas de soutien financier de la part du gouvernement. L’éducation à domicile n’est pas déductible d’impôt. Il n'y a pas de mesures fiscales spécifiquement liées à l'éducation à domicile. Par contre, certain cours peuvent être déductibles et certaines activités peuvent être déduits comme service de garde. Consultez votre comptable pour connaitre la documentation nécessaire pour faire ces déductions.

Les enfants éduqués à domicile ont des occasions très variées et fréquentes de socialiser. Des groupes de soutien partout au Québec permettent aux enfants d’être régulièrement en contact avec des enfants d’âges variés qui sont éduqués à la maison. Les amis, les autres enfants du quartier, la famille et tous les contacts avec la communauté (sorties à l’épicerie, à la bibliothèque, au musée et les voyages) offrent de nombreuses possibilités de socialisation. La participation à la vie communautaire (Scouts, groupes de 4H, camps d’été, équipes sportives, cours de danse, de chant, clubs de lecture, etc.) permet aux enfants d’être en contact avec d’autres jeunes et adultes significatifs. Au Québec, plus particulièrement dans les grands centres, il y a aussi quelques centres communautaires pour familles pratiquant l’éducation à domicile.

En fait, des recherches sur le sujet démontrent que les enfants éduqués à la maison sont aussi bien socialisés que ceux qui fréquentent les établissements scolaires. Une des principales raisons serait que les enfants évoluent avec des adultes et des enfants souvent plus âgés; ils bénéficient donc de modèles plus matures. Ils ont aussi l’occasion de servir de modèles pour les plus jeunes, qu’il s’agisse de leurs frères et sœurs ou non.

L’AQED travaille présentement sur ce service. En attendant, vous pouvez contacter votre groupe de soutien local, qui compte peut-être des membres prêts à le faire.

L’éducation à la maison, c’est un choix conscient et éclairé, fait par des parents soucieux du bien-être de leur enfant. Les parents savent qu’ils devront faire certains sacrifices, mais ils savent aussi qu’ils seront largement récompensés par le bonheur de voir grandir et s’épanouir leur enfant dans la liberté et le plaisir d’apprendre. De plus, les enfants éduqués à domicile ne passent pas la journée assis sur un banc. Ils dépensent donc leur énergie au fur et à mesure, contrairement à ce qui se passe souvent à l’école où les enfants deviennent surexcités en fin d’après-midi, faute d’avoir bougé naturellement pendant la journée. Cependant, il est vrai que d’être constamment avec ses enfants peut être un défi pour de nombreux parents. Il devient précieux de bien s’entourer dans ces cas-là et de trouver un rythme qui convienne autant aux parents qu’aux enfants.

Si le départ est en cours d'année scolaire, vous devez simplement informer la direction d'école des dates de votre voyage. Parfois, surtout si l’absence est de courte durée, il possible d’obtenir la matière à couvrir pendant la période d'absence. Au retour, vous pourriez par exemple convenir avec l’enseignante que l'enfant présentera son voyage lors d’un exposé oral.

Si vous partez plus longtemps, et tant que vous êtes hors du territoire de la commission scolaire, celle-ci n’a pas juridiction. Il n'y aura pas nécessairement d'évaluation. Au retour du voyage, les enfants seront remis en classe selon le niveau scolaire correspondant à leur âge au 30 septembre.

Si le retour de l’enfant en classe se fait en cours d’année scolaire, l’école ou la commission scolaire évaluera peut-être votre enfant à ce moment. L'enfant est généralement réintégré en classe selon son âge. Il n'y a généralement pas de notes d’attribuées pour les évaluations manquées durant l'année.

Pour ce qui est de l'entrée au secondaire, il y aura peut-être un examen de classement pour déterminer si l'enfant doit être classé au régulier, dans un parcours enrichi ou encore s’il aura besoin d'une mise à niveau. Les modalités exactes seront alors à déterminer avec la commission scolaire ou l'école.

Si le sujet vous intéresse, il existe de nombreuses ressources sur le Worldschooling. Il y a notamment des groupes Facebook et des pages web à ce sujet.