À propos de la nouvelle loi et du nouveau règlement - historique

À l’automne 2017, la Loi sur l’instruction publique établissait de nouvelles balises pour les familles pratiquant l’apprentissage en famille. Ces balises, encore générales, permettaient déjà de pressentir qu’il y aurait à la fois plus de reconnaissance du droit à la liberté éducative et plus de comptes à rendre aux instances gouvernementales. La plupart des parents espéraient avant tout plus d’équité dans le traitement qui leur était réservé. Les conflits entre les familles éducatrices et plusieurs commissions scolaires ne sont un secret pour personne et ces situations ont créé une méfiance des parents envers toute forme de contrôle qui pourrait cacher une volonté de leur faire renoncer à leur liberté éducative.

La collaboration entre le ministre, le Ministère et l’AQED, depuis les tout débuts de ce processus, a permis une meilleure compréhension de part et d’autre des enjeux qui touchent ce dossier. Nous sommes reconnaissants d’avoir été consultés dès le début de ce processus de changement de loi et d’avoir été invités à participer à la Commission parlementaire ainsi qu’à la Table de concertation nationale en matière d’enseignement à la maison. L’écoute en continu des préoccupations des familles est un facteur important dans leur acceptation éventuelle du règlement.

À cet effet, reconnaître que les parents ont le droit de choisir leur approche éducative et que les objectifs n’ont pas à coller à la progression des apprentissages du programme québécois est un grand pas en avant. L’offre du gouvernement de fournir du soutien au lieu de la coercition en cas de difficultés est une très bonne idée.

Toutefois, malgré l’esprit de cette collaboration, avec la sanction du projet de loi 144, le Québec devient l’une des provinces canadiennes qui contrôlent le plus les familles éducatrices qui ne demandent pas de services ni de financement de l’État. Rappelons que l’Ontario et la Colombie-Britannique n’exigent aucun suivi par défaut des familles éducatrices. Seuls les cas qui sont signalés sont investigués par les autorités scolaires.

De plus, plusieurs éléments du règlement adopté en juin 2018 restent difficiles à accepter pour de nombreuses familles. Des préoccupations comme les délais, la peur des préjugés, la quantité de travail exigée pour satisfaire le représentant du ministre, etc. sont soulevées par plusieurs familles-éducatrices. Il faut d’ailleurs se rappeler que l’absence de documentation n’équivaut pas à l’absence d’éducation. Aussi, le temps que les parents prennent pour faire des tâches administratives prive les enfants de précieux apprentissages avec leurs parents. Il est donc important que les familles éducatrices du Québec soient solidaires pour éviter que la mise en oeuvre de cette loi crée un plus gros fardeau pour les familles que le minimum requis par la loi. 

Photo credit: Céline Petsilas