Campagne électorale et message aux partis politiques : Nos enfants scolarisés à domicile ont aussi des droits!

Les familles-éducatrices de plus de 8 500 jeunes québécois demandent aux partis politiques de mettre fin aux inégalités dont sont victimes leurs enfants et de s’engager pendant la campagne électorale afin que ces derniers puissent recevoir les services auxquels ils ont droit dans les Centres de services scolaires.

C’est le message lancé par l’ Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) à la suite d’un sondage auprès de ses membres qui rappelle l’urgence de rétablir un véritable dialogue entre les familles-éducatrices et le gouvernement.

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Les familles-éducatrices ne reçoivent pas les services auxquels elles ont droit!

Au Québec, l’éducation à la maison n’est pas un choix pour plusieurs familles, mais plutôt une solution de rechange, un dernier recours. Plus de 50% des enfants scolarisés à domicile présentent des troubles d’apprentissage, un handicap ou des problèmes de santé mentale, auxquels le réseau scolaire est incapable de répondre adéquatement.

Les familles doivent rendre des comptes au ministère, dans le contexte de la plus lourde réglementation au pays. En contrepartie, la loi garantit aux jeunes scolarisés à la maison certains services offerts par les Centres de services scolaires, mais c’est loin de se concrétiser actuellement. Dans les réponses reçues de 255 familles-éducatrices, l’ AQED constate que la majorité des enfants n’ont pas accès à des services, des locaux ou des ressources :

 

66% des enfants éduqués à domicile se sont vu refuser l’accès à des professionnels comme des orthopédagogues, des orthophonistes, des psychoéducateurs, des psychologues, des éducateurs spécialisés et des spécialistes en orientation scolaire.

46% des familles-éducatrices se sont vu refuser l’accès à des locaux dans des écoles, comme des installations sportives, des laboratoires de sciences ou informatique et des bibliothèques.

55% des parents-éducateurs ont été incapables d’emprunter du matériel scolaire.

 

Le dialogue et l’accès aux services se sont détériorés sous le gouvernement de la CAQ : à quand l’écoute?

Au Québec, les 8500 enfants éduqués à domicile épargnent au réseau public l’équivalent de 400 classes dans des écoles. Au cours des dernières années, les ministres Bernard Drainville et Sonia LeBel n’ont posé aucun geste significatif, malgré leurs promesses de faire bouger les choses. 87% des familles-éducatrices se disent d’ailleurs insatisfaites ou très insatisfaites du gouvernement de la CAQ en matière d’éducation à domicile.

 

En prévision de la campagne électorale, trois engagements sont demandés par les familles-éducatrices aux partis politiques :

1) Réactiver la Table de concertation (prévue dans la loi) pour établir un canal de communication efficace entre le ministère de l’Éducation, les CSS et les familles-éducatrices pour s’assurer d’une application juste et adaptée du Règlement sur l’enseignement à la maison au bénéfice des jeunes. Cette Table n’a pas siégé depuis 2018.

2) Encourager la diplomation des jeunes éduqués à domicile et harmoniser la sanction des études au sein des Centres de services scolaires : mettre en place un système d’évaluation basé sur un ensemble de travaux afin de mesurer l’atteinte des compétences, en complément des examens ministériels de 4e et 5e secondaires, et remédier au vide réglementaire concernant la diplomation pour les jeunes de 16 ans et plus.

3) Réviser le financement accordé aux Centres de services scolaires pour l’éducation à domicile et leur exiger une reddition de comptes claire et transparente afin de garantir que les fonds alloués servent directement aux familles pour soutenir l’éducation des enfants, tout en attribuant 50% des subventions directement aux familles par l’entremise de crédits d’impôt remboursables.

 

« Nous lançons un appel aux partis politiques de prendre des engagements clairs pour les familles-éducatrices!

Après 8 ans de gouvernement caquiste, l’accès aux services et à la diplomation se sont détériorés pour les enfants scolarisés à la maison, une situation inacceptable! L’éducation et la diplomation de tous les jeunes québécois devraient être soutenues avec rigueur. Avec la campagne électorale, nous espérons pouvoir faire connaître auprès des partis et de leurs candidats la réalité des jeunes scolarisés à domicile, une clientèle peu connue et trop souvent négligée par le ministère de l’Éducation ainsi que les centres de services scolaires. Nos familles-éducatrices s’engagent avec cœur, pourquoi doivent-elles subir des obstacles de la part des instances devant les accompagner?

Mesdames et messieurs, cheffes et chefs de partis, candidates et candidats, nos enfants ont autant le droit de réussir! »

– Anaïs Lauzon-Laurin, mère de deux enfants scolarisés à la maison et responsable des relations publiques de l’ AQED

 

À propos de l’ AQED

Depuis 29 ans, l’ Association québécoise pour l’éducation à domicile est une organisation citoyenne et bénévole qui regroupe plus de 1200 familles-éducatrices et plus de 3000 jeunes scolarisés à domicile.

L’ AQED, une organisation à but non lucratif et laïque, accompagne les familles-éducatrices qui souhaitent mieux se soutenir dans leur projet d’éducation à domicile.

 

Renseignements : Anaïs Lauzon-Laurin

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